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39e Festival International d’Hyères, l’ère de la maturité

39e Festival International d’Hyères, l’ère de la maturité

Du 10 au 13 octobre, la 39e édition du Festival International de Mode, Photographie de Mode et d’Accessoires de Hyères a illuminé la scène créative. Depuis près de quatre décennies, cet événement, fondé par Jean-Pierre Blanc, Directeur de la Villa Noailles, s’est imposé comme un tremplin pour les talents émergents, révélant des créateurs incontournables, tels que Viktor & Rolf, Anthony Vaccarello, Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter ou encore Vanessa Schindler.Cette année encore, le festival a confirmé sa vocation et à l’approche de ses 40 ans, il a brillé par une certaine maturité. Les collections des finalistes ont témoigné d’une maîtrise subtile des codes de la mode et du luxe, brillamment réinterprétés avec créativité et finesse, révélant une génération de créateurs qui s’approprient avec audace l’élégance et l’esprit contemporain.

Se réapproprier les archétypes, détourner les codes

Qu’il s’agisse du vestiaire masculin, du luxe féminin ou du sport, les finalistes ont réalisé une brillante démonstration de leur intégration d’archétypes, devenus pour eux des poncifs, qu’il convient de déconstruire pour inventer un langage neuf et faire émerger de nouvelles silhouettes.
L’israélien Dolev Elron, Grand Prix du Jury Première Vision, diplômé du Shenkar College of Engineering de Tel Aviv, actuellement assistant designer chez ACNE Studios aux collections homme, a imaginé une garde-robe masculine décontractée, avec le denim upcyclé comme fil rouge, nommée « Casual Turbulence ». Jeans, bombers, perfectos, chemises à rayures… les lignes de ces classiques sont retravaillées grâce à l’ordinateur, dans une géométrie toute en courbes sinusoïdales. Les détails, tels les zips ou les poches, deviennent centraux, dictent la forme, se tordent et ondulent. Le tout constitue un vestiaire complet, très structuré et totalement portable.

En décernant à Romain Bichot diplômé de La Cambre, assistant couture au sein du studio Balenciaga, le Prix de l’Atelier des Matières et le Prix 19M des métiers d’Art pour sa collection « Call me if you get lost », le jury mode, présidé par Nicolas Di Felice, Directeur Artistique de Courrèges, a salué son talent singulier. Avec finesse et un sens aiguisé de l’humour, il s’approprie les codes et savoir-faire des grandes maisons pour mieux les détourner en utilisant des matières revalorisées. Il puise son inspiration dans l’imagerie nocturne d’une ville en constant remaniement, influençant silhouettes et accessoires. Une robe bustier en soie carmin, matelassée et brodée de plumes par Lemarié, évoque un matelas abandonné, tandis que de longs gants rayés en agneau, créés en collaboration avec Agnelle, s’enroulent autour des bras comme autant de mètres de rubalise. Les souliers, quant à eux, s’inspirent des cônes de signalisation.

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Romain Bichot « Call me if you’re lost » – Photo © Arnel de la Gente/Catwalk Pictures.

La liberté et la passion, l’alchimie du Festival de Hyères selon Jean-Pierre Blanc

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Max Capdebarthes, 37 ans d’excellence artisanale, entre tradition et modernité

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